Expérience citoyenne avec des sons et des images

ATTENTION : Ce spip n'est pas un spip qui prend le maquis, ni un spip du 3ème age. Sans pour autant négliger ni l'un, ni l'autre.

Comment la Droite a saboté une bonne loi, et par la même occasion, les droits des citoyens

Rédacteur : SylvanoDeLaSelva  - Publié le 4 juillet 2007 01:01  - Dernière mise à jour le 9 janvier 2010 05:12

Souriez, vous êtes fichés !

A la suite d’une permanence tenue par l’une de ses associations, le Réseau Droit des Jeunes a été alerté d’une situation particulièrement inquiétante concernant le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG).

Après qu’un hypermarché ait porté plainte pour un vol commis par 2 enfants de 8 et 11 ans (vol de jouets d’un montant de 10 euros), un père s’est vu préciser, oralement lors d’une convocation à la gendarmerie, que ses enfants verraient leurs empreintes génétiques prélevées. Il est à noter, de plus, que la mère des deux enfants a payé ces jouets.

Ce fichage génétique a été rendu possible par une loi du 17 juin 1998 relative à la prévention et à la répression des atteintes sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs. Une loi de 2003 étend le champ d’application de cette loi de 1998 à toute personne, pas forcément condamnée, dès lors qu’il existe des indices graves et concordants permettant de la suspecter d’avoir commis les infractions évoquées par des lois précédentes, dont la loi de 1998, mais également les infractions de vol, trafic de stupéfiants, de recel et de blanchiment d’argent.

Il est à noter que le prélèvement génétique, prévu par ces lois, peut se faire d’office sans information préalable du parquet ou d’un magistrat instructeur. Par ailleurs, aucun âge minimum n’est pévu par cette loi, ce qui signifie que les mineurs non accessibles aux sanctions pénales sont aussi concernés.Le FNAEG conservera les empreintes prélevées pendant 40 ans pour les personnes condamnées, 25 ans pour les personnes mises en cause.

Est-ce cela que l’on appelle la tolérance zéro ? Alimenter ce fichier pour tout soupçon de vol d’enfant de 8 ans ? Ne serait-ce pas plutôt la mise en place d’un réel contrôle social ?

De plus, ce fichage va à l’encontre de l’autorité parentale. Rappelons que la mère a payé ces jouets volés. Il s’agit donc, par là, de faire perdre aux parents, alors que ceux-ci ne sont pas défaillants dans l’éducation de leurs enfants, toute prise pour eux, de les empêcher d’exercer effectivement leur autorité, en faveur d’un fichier informatique et automatisé.

Retenons surtout que chacun peut être concerné dans sa propre famille et pour ses enfants. Rappelons aussi que ce fichier, créé en 1998 visait avant-tout à protéger les mineurs.

Communiqué de presse du Réseau Droits des Jeunes - 4 mai 2007

Réseau National pour l’Accès aux Droits des Enfants et des Jeunes 148, Boulevard Massena - 75013 Paris | Tél 01 53 34 08 33 reseaudroitdesjeunes@wanadoo.fr

Contributions

Message de Paco
 le 24 novembre 2007 17:23

Comment la Droite a saboté une bonne loi, et par la même occasion, les droits des citoyens

Cette loi du 17 juin 1998 a été la porte ouverte à bien des élargissements, des dérives. Mais a-t-elle été sabotée ? Pessimiste de nature, au vu de tout ce que je vois et vis, j’en viens à croire qu’elle n’appartient qu’à la suite logique de l’histoire du « monde de merde » dans lequel nous vivons…

Et comme pour illustrer mes propos, voyez les événements de ces dix derniers jours qui sont passés dans l’ombre, et qui pourtant ouvrent de grandes portes à ceux qui veulent restreindre nos libertés individuelles :
- Ce 15 novembre, deux ex-présidents et sept « sages » ont admis comme respectueux de la constitution, le principe de prélèvement génétique pour le rapprochement familial de personnes étrangères. Et même si l’ « opposition » se targue du fait que cette loi n’est pas applicable, le principe a bel et bien été accepté : les tests ADN ont fait leur entrée dans la loi française. Le président a dit, les sages ont parlé, et le peuple se tait…
- Le 12 novembre dernier, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé qu’elle triplerait en deux ans le nombre de caméras de surveillance dans la rue qui, soit disant, permettent de lutter contre l’insécurité. Et nous aurons 60 000 caméras dans nos rues, plutôt que 20 000 actuellement. Sachons encore qu’il paraît, selon un sondage IPSOS ( !) que 78% des Français sont favorables à la présence de caméras dans les lieux publics pour lutter contre l’insécurité et le terrorisme et que 66% des sondés se sentent davantage rassurés lorsqu’ils sont dans des lieux équipés de tels dispositifs. Et surtout, ils ne seraient plus que 35% à craindre que la vidéosurveillance ne réduise leur liberté ou menace leur vie privée. Voyez comme ces discours ressasés, les exemples européens (comme l’Angleterre) nous ont abusés. Les gens s’y ont fait, et finissent par se taire…
- Le 7 novembre dernier, la Commission européenne a souhaité que toutes les compagnies aériennes au départ ou à destination de l’UE partagent les données personnelles de leurs passagers (19 éléments des données personnelles de leurs passagers comme les noms, prénoms, numéros de passeport, dates de voyage, itinéraire complet, données relatives à la facturation, détails de leurs cartes de crédit, informations sur les bagages, etc.) avec les services secrets européens. Les attentats du 11 septembre sont invoqués comme déclencheur et les mesures étasuniennes prises en exemple… Cette loi est prévue pour entrer en vigueur en 2010.

Voilà ce que j’avais à dire… J’ai peur, bien sûr. Mais il nous faut lutter. Lutter pour nos libertés et dénoncer les dérives de nos dirigeants qui nous imposent tant d’idées. On en vient à penser comme eux. Lisons ailleurs, parlons avec d’autres, pensons autrement, argumentons ensemble…

Comme disait le poète : "peuple français, vas-tu parler ? Peuple français, vas-tu te taire ?" (Kateb Yacine)