Un prix Nobel pas très scientifique, c’est pas très sérieux pour Le Monde !
Extrait :
"La détaxe des heures supplémentaires vous semble-t-elle une idée juste ?"
Réponse : "L’idée est intelligente. Elle consiste à soutenir les plus bas salaires en versant des aides publiques aux employeurs qui sont ainsi incités à embaucher, ce qui doit augmenter le taux d’emploi."
Alors là, cela peut paraître contradictoire :
Ce sont bien des gens "déjà embauchés" qui peuvent effectuer ces heures supplémentaires, n’est-ce pas ?
Comment peut-on augmenter le nombre "d’embauches", alors qu’il faut déjà être embauché pour effectuer des heures supplémentaires ?
Mais bien sûr, Mr Phelps suggère, sans le dire, qu’en général, un patron souhaite "évidemment" faire travailler ses employés davantage. Si nous caricaturons, nous pourrions penser que le droit du travail et les autres barrières contre l’exploitation des travailleurs, sont des barrières psychologiques qui freinent les entreprises dans leur développement. L’annonce d’un défiscalisation des heures supplémentaires ne peut être qu’une bonne nouvelle pour les patrons ! Si l’on peut exploiter les gens davantage, le moral remonte, et la croissance avec. Ce n’est donc pas si contradictoire : C’est la logique de Mr Phelps ! Reste à savoir ce que devient le moral des salariés...
Et ce n’est pas la seule contradiction de l’article, dans lequel notre prix Nobel commence par citiquer les associations entre les entreprises et l’Etat :
Pour ensuite admirer les subventions d’Etat en faveur des entreprises :
Alors, c’est dans l’ensemble qu’il faut envisager l’article. Mr Phelps sert de "caution scientifique" à un programme politique. C’est par un amalgame de réponses "téléphonées", que l’article tente de créer un lien dans notre esprit, entre Sarkozy, et croissance. On ne cherche pas à exposer des mécanismes qui justifieraient le propos, c’est le moral des employeurs qui définit l’augmentation de la croissance. C’est en des termes psychologiques, que l’économie nous est exposée, afin que nous soyons automatiquement dans un mécanisme d’adhésion empathique. Cela rejoint entièrement l’idée qui veut que le néo-libéralisme ne soit qu’une croyance.
C’est un discours creux et à sens unique, avec un journaliste qui sert la soupe. On appelle ça : "journalisme de révérence". La soupe, c’est la pensée unique, et il en choisit les parts, et de sa louche réduit les idées en écartant les morceaux qui compliqueraient la digestion.
Mais vous verrez que notre lecture de l’article n’est pas si carricaturale, en lisant les propos de Laurence Parisot et Ernest-Antoine Sellière, qui constituent le matériel de contre-propagande n°1. Un projet qui revient sur la notion de croyance néo-libérale, et la détaille brillamment à travers un texte du sociologue Loïc Wacquant.
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