Expérience citoyenne

avec des sons et des images

L’image documentaire et la télé-réalité

Rédacteur : SylvanoDeLaSelva  - Publié le 7 septembre 2007 05:45  - Dernière mise à jour le 16 janvier 03:38
Il existe une version pédagogique de cet article, plus explicative et moins détaillée à cette adresse.

Jean Rouch aimait l’Afrique.

Il aimait la terre, les gens, et n’avait pas choisi cette destination pour son intérêt touristique. Il y est allé pour les besoins de sa profession dans un premier temps, puis voyage après voyage, il y a laissé des amis chaque fois plus respectueux envers sa démarche. Il a su convaincre de sa sincérité, de sa curiosité scientifique, d’une vraie démarche humaniste, et il nous reste aujourd’hui ses films pour en témoigner.

Jean Rouch a créé, à la fin des années 50, le cinéma-réalité ou cinéma-vérité. On l’appellera parfois cinéma de la sincérité, et vous comprendrez que c’est important.

Mais quel rapport avec la télé-réalité ?

Jean Rouch filmait la vie de tous les jours, celle que l’on pourrait qualifier de "vraie" vie. Il croyait en un cinéma du réel. Mais bien souvent, la réalité n’est plus la même une fois que vous la filmez. Les aspects techniques sont d’énormes obstacles à la captation du réel, les scènes intéressantes ne se déroulent pas toujours sous l’œil de la caméra, il est possible qu’une scène réellement filmée ne dise qu’une partie de la vérité, etc... Alors Jean Rouch utilisait des procédés d’ajout, des techniques de récit, ou écrivait parfois une histoire qui raconte la vie de tous les jours. L’histoire est jouée, mais c’est l’histoire du quotidien, par les acteurs du quotidien, d’après une longue observation, d’après un point de vue scientifiquement documenté, etc...

On pourrait chercher à donner une liste exhaustive des critères qui attestent de la "réalité" d’une situation filmée. Un seul critère résiste vraiment après examen : lorsque c’est réel, les morts ne se relèvent pas après l’arrêt de la caméra. La vérité est donc dans ce qui n’est pas filmé, dans le "avant et après", et dans le "à côté et derrière". Bref, dans le "Hors-champ" [1] (dans ce qui est présent au moment du tournage, mais qui n’apparait pas dans le cadre de la caméra, ou qui plus précisément est laissé à l’appréciation du spectateur, dans ce qu’il peut sentir de la réalité autour du champ : environnement social des protagonistes, ce qu’ils ne disent pas, ou disent à demi-mots... et, nous le verrons plus loin : ce que le spectateur y met de lui, ce en quoi le spectateur est complice de l’image, ce en quoi le spectateur fait d’une image "sa" vérité).

Une certaine impression de "vérité" comme peut nous donner l’image d’une caméra de surveillance ne nous dit pas que les faits qui y sont montrés se sont réellement déroulés tels qu’on les voit. Il peut y avoir des acteurs, une mise en scène, un montage, des effets spéciaux... Et l’on verra pourtant l’image d’une caméra de surveillance. La vérité est ailleurs, comme dirait l’autre...

Et alors...

Si, dans une image, tout est plus ou moins faux. Si "Tous les hommes sont comédiens, sauf quelques acteurs" selon la phrase de Sacha Guitry, ne faut-il pas plutôt s’interroger sur la scénarisation de la réalité ? A partir d’un certain "effet de réalité", quelles sont les contraintes qui pèsent sur ces comédiens du réel ? Quels sont les choix de mise en scène ? C’est d’ailleurs une question qu’il faudrait se poser à propos des médias en général. Il n’y a presque plus de différence entre les méga-productions de l’industrie du cinéma, et tous les autres genres télévisuels. On met en scène, on ajoute des effets, une musique chargée d’émotions, un sous-titre qui interprète la scène dont nous ne voyons qu’un court extrait... Les scénarios sont partout, même dans un reportage du journal de 20h [2]...

Et on voudrait continuer de croire qu’il y a une image de la vérité, et que tout ce qui n’est pas fictionnel est réel. Pourtant, une fiction peut parfois dire plus de choses de la réalité que n’en dit un reportage télévisé.

Il y a donc des récits subjectifs d’histoires vraies, ou des enregistrements réalistes d’histoires fausses [3].

Ce préambule est très synthétique, peut-être devrez-vous le relire. Et très certainement aurions-nous dû proposer des exemples plus nombreux. Mais ces brèves idées sur la réalité au cinéma et à la télévision sont fondamentales. Nous ne pouvons aborder ce sujet sans les évoquer, et nous voulons par ailleurs que l’article reste court. Pour avoir un développement plus étayé sur ce sujet, lisez François Niney L’épreuve du réel à l’écran : essai sur le principe de réalité documentaire.

Avez-vous donc entendu parler de l’existence de scénarios pour la télé-réalité ? N’avez-vous jamais eu l’impression que les "candidats" démarraient des discussions très orientées sans raison apparente ? Pourtant, la preuve n’est plus à faire : La dernière Télé-Réalité en date, Secret Story, impose aux candidats des actions et des paroles selon un scénario bien défini. Vous avez-encore des doutes ?

Jean Rouch et Koh Lanta, même combat.

Mais il reste tout de même deux différences fondamentales :

  • Premièrement, Jean Rouch était bien conscient que les scénarios conflictuels ne peuvent être décrits, que si on s’attache à étudier le quotidien, les habitudes, les peurs, les difficultés de ces acteurs de la vie. C’est dans le quotidien que l’on doit analyser la violence. Alors que les contraintes inhabituelles, l’exigence du spectaculaire, la théatralisation des scénarios ne peuvent que plonger le spectateur dans quelque chose de totalement fictionnel.
  • Deuxièmement, Jean Rouch était anthropologue.
    L’anthropologie ne fait pas de Jean Rouch un cinéaste. Mais l’anthropologie, en tant que science de l’Humain, en tant qu’étude sur "le monde tel que les humains le voient", nous éviterait bien des dérives dans la construction des programmes de télévision. Elle fait un constat éthique : Voir le monde s’effectue par la relation à un autre humain (ou d’autres humains). C’est l’autre qui fait de moi ce que je suis, je me vois en lui comme dans un miroir, je cherche à savoir s’il me ressemble, s’il peut m’apprendre à mieux vivre ma vie.
    Les avancées récentes de la psychologie et de la neurologie ont montré que le cerveau réagit de la même façon, quand nous réalisons une action, ou quand nous voyons l’image fidèle de cette action réalisée par quelqu’un d’autre. L’empathie (mécanisme de projection-identification) est physiologiquement inscrite dans le cerveau. Je projette automatiquement des choses de moi sur l’autre, et j’intègre automatiquement des choses de l’autre en moi.
Ma vision du monde se fait selon qu’il me ressemble ou pas, selon que les autres qui peuplent ce monde et le construisent avec moi me ressemblent ou pas. Il faut donc être vigilant face aux images d’eux-même que les humains nous proposent, et face à ce que la mise en scène peut ajouter de symbolique. (Mais les discours de certains cinéastes consciencieux nous avertissent déjà depuis longtemps sur ces sujets. [4])

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Pour développer...

On peut déjà supposer qu’un anthropologue aurait refusé le principe du casting, aurait refusé la mise en situation dans des environnements fictionnels, et évidemment, se serait bien gardé de promettre richesse ou succès médiatique à ses protagonistes.

C’est tellement évident qu’on a du mal à l’expliquer : alors que le documentaire explore la poésie des choses simples, le casting pousse l’individu à se démarquer, à en faire plus que les autres, à faire sortir son personnage de l’ordinaire, à se travestir...
Un anthropologue-lambda (pour lequel nous avons beaucoup d’amitié, vous l’aurez compris) ne pourrait pas envisager de sélectionner ses candidats sur casting, sans faire un travail essentiel pour détacher l’impact du "casting" sur les comportements humains.

On ne développera pas le fait que le comportement des protagonistes sera également différent si vous les enfermez dans un château chamarré, ou si vous les isolez sur une île paradisiaque...

On développera par contre un peu plus, les promesses de célébrité et de richesse. Pour commencer, on pourra distinguer trois effets :

  • 1) La récompense place l’action sur le mode de la compétition : Il faut chercher à être le meilleur, car la seconde place ne compte pas. C’est le règne du manichéisme : soit vous êtes bon, soit vous êtes mauvais. Rien n’encourage les gens à se satisfaire de petites qualités, qui apparaissent inutiles dans ce contexte. (on peut d’ailleurs le voir dans les portraits de candidats qui sont faits lors des "Prime Time", chacun a "sa" case, "sa" qualité unique et prédominante...) Mais on peut également chercher à éliminer ses concurrents. Et ce qui est formidable pour les producteurs et les diffuseurs, c’est que ces aspects apparaissent noyés dans la complexité des relations humaines, et que leur importance est partiellement dissimulée. La compétition se normalise à mesure que la société toute entière l’intègre dans ses fonctionnements.

  • 2) La récompense flatte l’ego. On ne cherche plus à témoigner du quotidien, mais au contraire à ancrer son parcours dans l’exceptionnel, histoire de rêver un temps qu’on entrera dans l’Histoire. Malheureusement pour tous les "abusés" de ces dernières années de Télé-réalité, on a bien vu qu’il était presque impossible de faire une carrière sérieuse par la suite.
  • 3) On peut même imaginer que la perspective de la récompense active en nous des réflexes "Pavloviens". La mécanique de notre esprit peut être activée par des schémas inconscients, diminuant notre capacité à exprimer réellement nos opinions. Par exemple, notre façon d’agir qui s’adapte automatiquement au contexte de certaines relations dans une hiérarchie professionnelle : il y a un rituel de l’entretien avec son supérieur, comme il y a un rituel de la brosse à dent, ou du courrier le matin. Et dans un grande partie de ces rituels, nous cherchons une forme de récompense qui nous encourage à continuer. Ces rituels sont très massivement utilisés par la Télé-réalité, afin de plonger "mécaniquement" les candidats dans des modes d’expression standardisés ("le procès", "l’annonce des résultats", "le débriefing militaire", "l’épreuve initiatique"...)
    Ces rituels peuvent devenir pour les monteurs, des "images standard" qui rythment le programme : "Tous les matins, quand le réveil sonne, Vanessa se lève de mauvaise humeur et jette sa couette." On pourrait choisir de faire un film qui dirait comment et pourquoi Vanessa a jeté sa couette ce matin-là. Dans une télé-réalité, on préfèrera montrer Vanessa jeter sa couette lorsque cela répond à un climat que l’on a choisi de mettre en valeur. Il y a une "utilité" dramatique de l’image. Chaque image est réduite à la stricte émotion que l’on veut lui faire suggérer. Point besoin de se questionner sur le sens d’une image : Vanessa en a parlé au confessionnal, c’est "donc" l’unique raison pour laquelle elle a jeté sa couette. Jérome a éliminé Sonia au feu de camp, et la raison qu’il donne est "la seule" à retenir. Et s’il donne une autre raison le lendemain, ce sera encore plus drôle d’insister sur ses contradictions. Se demander si l’effet "feu de camp" a influencé Jérome, cela n’intéresse pas le producteur de télé-réalité. Ou plutôt si, mais il préfère se cacher derrière le concept de "réalité".

On pourra conclure ce chapitre, par une formule que nous avons rencontrée très souvent dans nos recherches : La télé-réalité c’est "enfermement, surveillance, récompense". Jean Rouch aurait-il accepté de réaliser un produit de ce genre ?

En passant, il faut préciser qu’Arte est la seule chaîne à accorder, de temps en temps, une importance à ces notions (il y a toujours un point de vue, le scénario est nécessairement plus faible que l’Histoire, c’est le corps filmé qui nous dira des choses de cette histoire...) et à filmer parfois le travail d’anthropologues, ou d’intellectuels en y apportant un regard sensible, documenté et assumé.

Devant un documentaire, être conscient que l’on ne voit pas toute la réalité permet à l’imagination de travailler à plein régime. Ce qui compense "l’effet de cache". C’est plus moral de dire : "Je ne vais pas tout vous dire" et ça permet d’imaginer ce qu’il manque.

Dans ses grandes réussites, le documentaire est une éthique de l’image à lui seul : On doit sentir que le réalisateur a mesuré la durée des plans, afin de nous faire ressentir le moment tel qu’il l’a vécu, ou tel qu’il sent que cette durée est la juste durée. J’entendais récemment un réalisateur dire que pour lui, le bon montage est celui qui restitue la respiration de la vie.

On doit sentir que le cadre embrasse, scrute, craint, contemple, habille, déshabille, dévore, furète, interroge... On doit sentir que le cadre, la découpe de l’espace, rassemble certains éléments et en laisse d’autres de côté.

Et si nous avons du mal à faire la différence entre la Télé-réalité et le Documentaire, c’est parce que la majorité des documentaires diffusés à la télévision utilisent des techniques semblables à la Télé-Réalité : La Voix-off permanente qui indique ce qu’il faut voir, la promesse d’avoir "toutes les réponses sur...", la confusion entre une poignée d’individus et un pays entier en utilisant un titre très général : exemple "Avoir 20 ans à Sydney", etc... Toutes ces techniques n’appartenant pas au documentaire, mais plutôt au domaine de la publicité. [5]

Autour de la Télé...

Nous avons vu plus haut que la vérité d’une image est "hors-champ". Il nous reste donc à décrire certains des mécanismes du "hors-champ" qui font la Télé-Réalité.
« Toute prise de vue est une découpe de l’espace et du temps : le cadre est un cache. »  [6]

Puisque l’image est forcément subjective, obligatoirement le fait d’un "choix de réalisation", d’un point de vue du réalisateur, il faut être conscient que la place du spectateur, la subjectivité du spectateur vient compléter l’image, lui donner la part de sens qui lui manque. Une image est un enregistrement de la réalité qui porte en lui les deux moitiés du symbole que le filmeur et le spectateur ont en commun. Comme un partage entre nous et celui qui propose l’image. Le filmeur me montre, et je viens regarder parce que ça me regarde, parce que je suppose que j’y trouverai quelque chose de moi.

Le phénomène social existant autour du lancement de ces programmes forme très certainement une grande part de l’attrait que nous y voyons.

Prenons l’exemple de Loft Story

Concept qui était baptisé à son lancement aux Pays-Bas : Big Brother. Et la promesse était : "Vous êtes Big Brother", vous regardez le monde vivre en temps-réel et en multi-caméra.

Nous parlions de "Hors-champ" tout à l’heure. Big Brother nous promet la fin du Hors-Champ : les caméras filment tout ! Mais c’est faux, il persiste un hors-champ, des choses que le cadre de la caméra ne montre pas. Et même si le Hors-champ est réduit, il reste des champs annexes : des champs sociaux qu’on pourrait appeler "la toile des médias", et qui coexistent avec l’émission. Le concept n’existe pas sans eux.

Détaillons...

Un premier larron lance l’idée : "Big Brother, c’est l’évènement"
Les commentateurs des médias acquiescent : "C’est un nouveau concept, tout le monde va regarder."
Quelques personnes regardent effectivement, et ça interpelle les parents et amis : "Je veux voir ce que mes enfants regardent."
Quelques sociologues viennent amplifier le caractère extraordinaire : "C’est extraordinaire, tout le monde regarde !"
Et vous vous dites : "ça me regarde !"

 [7]

On a donc initié une réaction en chaîne. Cette réaction fonctionne parce qu’elle se base sur des phénomènes bien étudiés par la psychologie : Vous avez probablement déjà entendu parler de la notion de "désir". Exemple : "La publicité créé des désirs". Comment fait-elle ?

La publicité et la com’ exploitent le lien entre vous et quelqu’un qui sait des choses sur vous-même : ça vous le rend désirable. Le fait qu’il "sache" des choses sur vous, lui confère une autorité. Cette autorité qu’il a sur vous, ce supplément de savoir, excite votre curiosité, et vous pousse à aller à sa rencontre. Parfois on tente de vous faire acheter un produit, mais d’autres fois, on vous incite simplement à regarder.

Quelques exemples :
"La plupart des baisers s’achètent à Monoprix"
"Toutes nos vies sont chez Monoprix"
"Ma crème, c’est moi"
"Ma Corsa, c’est tout moi"
"Etre Kick, ou rien !"...

L’objet, est présenté comme l’essentiel de l’être. Vous ne vivez pas si vous ne ressemblez pas à ces objets. Cela vaut pour des objets, mais pour tout type de produit. Parce que derrière ce message, il y a quelqu’un qui se présente comme sachant, ce qui vous va. [8]

Mais quel rapport avec les images de Télé-Réalité ?

Ici, la "Télé-Réalité" doit être considéré comme un produit.

Reformulons...

La réaction en chaîne que nous évoquions plus haut se termine par : "ça me regarde !". Que signifie ce "ça me regarde !" : ça me concerne, je me sens concerné, cette image est faite pour moi, je vais y apprendre quelque chose des autres, et par là, quelque chose de moi. La "toile des médias" est donc parvenue à créer un désir chez vous ! "ça me regarde !", "ça sait des choses sur moi" et ça me le rend désirable.

Vous n’êtes donc pas Big Brother : Big Brother, c’est l’écran qui vous incite à regarder. En vous regardant, Big Brother vous incite à regarder si Big Brother vous regarde...

Un peu cynique, non ? Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous l’avait pas dit ! Big Brother, c’est le titre de l’émission... [9]

Concluons...

La fin du "Hors-champ", c’est le plus grand "Hors-champ" qu’on n’ait jamais vu, puisque tout se passe au niveau inconscient.

Et la Télé-Réalité, qui n’est déjà pas si réelle, n’a pas, à priori, une place de choix dans la réalité. Elle s’inclut dans la réalité par la création d’un mythe, du mythe d’un évènement. (Mais c’est comme ça aujourd’hui que tout fonctionne : "Le film-évènement", "l’évènement de la rentrée littéraire"...)

La Télé-Réalité connait donc très bien les ressorts inconscients du cinéma (plus globalement, de l’image en mouvement). Et là où le documentaire travaille depuis des décennies, à explorer l’inconscient, à mettre à jour les phénomènes individuels et sociaux qui animent le monde, la Télé-Réalité les exploite sans le dire.

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Lire également Des symboles pour la banque CIC sur les stratégies de com’ qui font résonner banque et Sarkozy
Notes

[1] La notion de "Hors-champ", chère à Jean-Louis Comolli, lui est empruntée

[2] voir la vidéo de Jack Sarkozy au 20h

[3] On pourrait prendre pour exemple la récente série documentaire Apocalypse sur la Seconde Guerre Mondiale. Lire à ce propos l’article du Monde Diplomatique : "Apocalypse" ou l’Histoire malmenée

[4] Lire Jean-Louis Comolli, Serge Daney, Jean-Luc Godard... Voir Marcel Ophuls, Alain Resnais, Chris Marker, Agnès Varda... et pourquoi pas Erik Gandini et son Surplus à voir sur Fol d’Ire

[5] Il est courant, voire systématique que les chaînes de télévision imposent au réalisateur d’un documentaire de télévision, qu’il choisisse, en concertation avec la chaîne, un titre "accrocheur". Bien évidemment cette "accroche" se fait par la caricature, ou l’effacement du point de vue du réalisateur (qui parfois n’avait pas vraiment de point de vue en faisant sa "sauce"). Et cela se passe également chez Arte.

[6] selon la célèbre formule d’André Bazin.

[7] Les habitués d’internet verront une ressemblance avec ce qu’on appelle "campagne virale". Seulement dans une "campagne virale", on tente de vendre un produit, un clip, un morceau de musique...
Ici, c’est une idée qu’on vend, et on parlerait plutôt de propagande. Car on tente de vendre "une certaine idée de la réalité". Et comme nous l’avons vu ci-dessus, cette idée de la réalité, est faite uniquement de situations dans lesquelles les humains se comportent comme en "situation de crise".

Intéressante cette idée de crise, non ?

[8] Exemples empruntés à François Brune : De l’idéologie aujourd’hui - Analyse du discours publicitaire et Médiatique. François Brune faisant d’ailleurs une analyse du système médiatique global qui nous en fait percevoir toute la tyrannie. Vraiment intéressant.

[9] Nous avons emprunté pour cette dernière partie, l’exposé de François Brune dans l’émission "Stop Pub" de Là-bas si j’y suis sur France Inter, le 5 mars 2004, animée par Daniel Mermet

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